| Empereur du Saint-Empire romain
germanique de 1519 à 1555 |
Roi d'Espagne et des Deux-Siciles de 1516 à 1555 |
Roi des Pays-Bas de 1515 à 1555 |
Plan de la biographie de Charles Quint :
1) Jeunesse et débuts de l'empereur
2) Luttes incessantes avec François Ier
3) Lutte contre le protestantisme
4) L'essor des Pays-Bas
5) L'abdication
6) Mariage et descendance
7) Ses contemporains
Un des livres de référence sur Charles Quint est celui de Philippe Erlanger.
Jeunesse et débuts de l'empereur :
Charles Quint, ou Charles V, né à Gand (dans l’actuelle
Belgique) en 1500 et mort en 1558 au monastère de Yuste en Espagne,
est l’un des souverains les plus puissants de la Renaissance.
Il est le fils du Habsbourg Philippe Ier, roi de Castille de 1504 à
1506 et duc de Bourgogne à partir de 1496, et de Jeanne Ière,
dite Jeanne la Folle, fille de Ferdinand II le Catholique, roi de Castille
sous le nom de Ferdinand V, et de Isabelle Ière la Catholique, reine
de Castille et León.
A la mort de son père, en 1506, Charles Quint hérite du royaume
de Bourgogne, puis, en 1515, de la principauté des Pays-Bas. Quand
Ferdinand V décède en 1516, Charles Quint devient roi des
Espagnes et des Deux-Siciles. Le régent en place, Adrien d’Utrecht,
futur pape Adrien VI, l’aide à imposer son autorité
sur ce vaste empire composé notamment des territoires conquis en
Amérique et en Afrique. En 1519, la mort de son grand-père,
Maximilien Ier, empereur germanique, ouvre à Charles Quint une succession
délicate. En effet, François Ier, roi de France, prétend
lui aussi à la couronne impériale. En 1520, Charles Quint
est proclamé empereur du Saint-Empire et roi de Germanie à
Aix-la-Chapelle. Se crée alors une rivalité intense entre
Charles Quint et François Ier.
Luttes incessantes avec François Ier :
François Ier, qui a des
prétentions en Italie, s’allie avec la république de
Venise tandis que Charles Quint forme une coalition avec Henri
VIII, roi d’Angleterre. Voulant reconquérir le Milanais,
François Ier se bat infructueusement
et perd la bataille de Bicoque, en 1522 ; Charles Quint ainsi que ses alliés
reprennent le Milanais. Puis, l’armée de Charles Quint entre
en Provence mais échoue à Marseille. François
Ier organise alors une contre-attaque mais est laborieusement battu
à la fameuse bataille de Pavie en 1525, où il sera fait prisonnier
durant plus d’un an (d’où l’interruption de la
construction du château de Chambord). François
Ier est libéré à la suite de la signature du traité
de Madrid de 1526 qu’il renie, lui faisant ainsi renoncer à
toutes revendications sur Naples, le Milanais, Gênes, les Flandres
et l’Artois. De plus, François
Ier doit céder le duché de Bourgogne et le Charolais.
Charles Quint domine et règne sur un très vaste empire d’environ
25 millions de sujets. Libéré, François
Ier reprend les hostilités, avec cette fois-ci Henri
VIII, le pape Clément VII et plusieurs princes italiens comme
alliés (du fait de la « surpuissance » et de la «
surdomination » de Charles Quint). Une nouvelle guerre, la seconde
guerre d’Italie qui avait pour but d’annuler le traité
de Madrid, signé sous la contrainte en 1526, se termine par le traité
de Cambrai, signé par Louise de Savoie, la mère de François
Ier, et Marguerite d’Autriche, la tante de Charles Quint, en 1528.
Par cette « paix des Dames », comme elle est souvent appelée,
Charles Quint accepte de renoncer au duché de Bourgogne contre une
rançon de 2,5 millions d’écus, payée par la France.
De plus, grâce à ce traité, les deux enfants royaux,
François et Henri, futur Henri II,
conservés comme gages de paix à Madrid sont libérés
et l’un des articles exige le mariage de François
Ier avec Eléonore, sœur de Charles Quint, veuve du roi de
Portugal. Charles Quint voit alors la fin du rêve de s’emparer
de la Bourgogne, cependant, de son côté, François
Ier renonce définitivement à l’Italie. En 1530,
Charles est couronné empereur par le pape.
En 1536, Charles Quint entre derechef en guerre contre François Ier,
mais doit, suite à la trêve de Nice en 1538, céder une
partie du Piémont. De 1542 à 1544, les deux belligérants
s’affrontent une nouvelle fois dans une guerre qui s’achèvera
par le traité de Crépy, mettant définitivement fin
à la conquête de l’Italie entreprise par les rois de
France depuis Charles VIII.
Lutte contre le protestantisme :
Charles Quint, très croyant, est attaché à l’Eglise
catholique. Preuve en est, il profère des menaces belliqueuses à
l’encontre du roi d’Angleterre Henri VIII (qui est également
hostile aux idées de Luther) et se place du côté du
pape Clément VII, lorsque le monarque anglais, voulant obtenir l’annulation
de son mariage avec Catherine d’Aragon (faute d’héritier
mâle), entre en conflit avec le pape. Henri VIII déclare son
mariage invalide en 1533 par le primat d’Angleterre. Le pape énonça
également, en 1534, l’invalidation de ce second mariage et
excommunia Henri VIII. Le roi fit alors voter par le parlement le fameux
Acte de Suprématie en 1534 qui fait de lui le chef suprême
de l’Eglise d’Angleterre, l’église anglicane. Revenons
à la lutte contre le protestantisme de la part de Charles Quint.
Avec Luther, le protestantisme prend de l’envergure que l’empereur
du Saint-Empire ne cessera de combattre tout au long de sa vie. De nombreuses
tensions se créent, notamment en Allemagne, et oblige le Saint-Empire
romain germanique à signer la paix d’Augsbourg destinée
à mettre fin à la lutte entre les luthériens et les
catholiques en Allemagne.
L’essor des Pays-Bas :
Du fait de ses origines, Charles Quint demeure un étranger en Espagne
ou encore en Allemagne, ce qui ne permit pas une harmonie sincère
entre les sujets et l’empereur. Durant le règne de Charles
Quint, seuls les Pays-Bas ont réellement connus une période
de croissance grâce notamment à l’essor commercial des
villes portuaires telles Amsterdam et Anvers. Néanmoins, une révolte
amorcée par la France éclatera en 1539 à Gand et sera
durement réprimée.
L’abdication :
Epuisé par ces luttes constantes durant une quarantaine d’année,
Charles Quint décide d’abdiquer, en 1555. Cependant, les conditions
politiques ne permettent pas la transmission de l’héritage
à une unique personne, il cédera d’abord les Pays-Bas
(en 1555) et l’Espagne (en 1556) à son fils Philippe II, puis
les possessions autrichiennes et la dignité d’empereur romain
germanique à son frère cadet, Ferdinand Ier de Habsbourg,
en 1556. Ce dernier est définitivement élu le 24 mars 1558
empereur romain germanique.
Mariage et descendance :
Le 11 mars 1526, Charles Quint se marie avec sa cousine, l’infante
Isabelle de Portugal, sœur du roi Jean III de Portugal (lui-même
marié avec Catherine d’Autriche, sœur cadette de Charles
Quint, pour conforter son alliance avec l’Espagne et le Saint-Empire
romain germanique). De cette union naissent cinq enfants légitimes
:
- Philippe II d’Espagne, futur roi d’Espagne et des Pays-Bas.
- Marie d’Espagne, qui se mariera avec Maximilien d’Autriche,
fils de Ferdinand Ier
- Ferdinand
- Jeanne d’Espagne, qui se mariera avec Jean de Portugal, fils de
Jean III de Portugal et de Catherine de Castille
- Jean, mort-né en 1539
Ses contemporains :
- François Ier, roi de France
de 1515 à 1547
- Henri II, roi de France de 1547 à
1559
- Henri VIII, roi d’Angleterre
de 1509 à 1547
- Edward VI, roi d’Angleterre de 1547 à 1553
- Lady Jane Grey, reine d’Angleterre pendant neuf jours en juillet
1553
- Mary Ière, reine d’Angleterre de 1553 à 1558
- James V, roi d’Ecosse de 1513 à 1542
- Marie Stuart, reine d’Ecosse de 1542 à 1567
- Vassili III, grand prince de Vladimir et Moscou de 1505 à 1533
- Ivan IV le Terrible, grand-prince de Vladimir et Moscou de 1533 à
1584 et tsar de Russie de 1547 à 1584
- Manuel Ier, roi de Portugal de 1495 à 1521
- Jean III, roi de Portugal de 1521 à 1557
- Sébastien Ier, roi de Portugal de 1557 à 1578