Nikita Khrouchtchev
Points clés
- Né le 15 avril 1894 à Kalinovka, dans la région de Koursk, dans une famille de paysans
- Premier secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique de 1953 à 1964
- Dénonce les crimes de Staline dans son « rapport secret » du 25 février 1956
- Fait écraser l'insurrection hongroise en novembre 1956
- Préside aux succès spatiaux soviétiques : Spoutnik (1957), puis Youri Gagarine (1961)
- Affronte John F. Kennedy lors de la crise des missiles de Cuba, en octobre 1962
- Démis le 14 octobre 1964, il meurt à Moscou le 11 septembre 1971
Biographie
Nikita Khrouchtchev (1894-1971) dirige l'Union soviétique de 1953 à 1964. Successeur de Staline, il dénonce les crimes de son prédécesseur, ouvre une période de relative détente intérieure et lance l'URSS dans la conquête spatiale, mais conduit aussi le monde au bord de la guerre nucléaire lors de la crise des missiles de Cuba.
Né le 15 avril 1894 à Kalinovka, un village de la région de Koursk proche de l'Ukraine, dans une famille de paysans pauvres, il travaille très jeune comme ajusteur, puis dans les mines du Donbass. Il rejoint les bolcheviks en 1918 et sert comme commissaire politique dans l'Armée rouge pendant la guerre civile. Remarqué par l'appareil du parti, il gravit les échelons sous Staline : chef du parti à Moscou au milieu des années 1930, il supervise la construction du métro, puis dirige à partir de 1938 le Parti communiste d'Ukraine, en pleine Grande Terreur, à laquelle il prend part. Membre du Politburo en 1939, il est commissaire politique pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment à Stalingrad.
À la mort de Staline, en mars 1953, il s'allie aux autres dirigeants pour faire arrêter Lavrenti Beria, le chef de la police politique, puis devient en septembre premier secrétaire du parti. Le 25 février 1956, devant le XXe congrès, il prononce un « rapport secret » qui dénonce le culte de la personnalité et les crimes de Staline ; de nombreux détenus du Goulag sont libérés et réhabilités. Cette déstalinisation a ses limites : en novembre 1956, l'Armée rouge écrase l'insurrection hongroise. Vainqueur en 1957 de ses adversaires du « groupe antiparti », il cumule à partir de 1958 la direction du parti et celle du gouvernement. Le lancement de Spoutnik en 1957, puis le vol de Youri Gagarine en 1961, font de l'URSS la pionnière de l'espace.
Sa politique étrangère alterne détente et coups de force. Premier dirigeant soviétique à se rendre aux États-Unis, en 1959, il prône la « coexistence pacifique », mais laisse construire le mur de Berlin en août 1961 et installe en secret des missiles nucléaires à Cuba. La crise d'octobre 1962 s'achève par leur retrait, en échange de l'engagement américain de ne pas envahir l'île et, secrètement, du retrait des missiles américains de Turquie. Les échecs agricoles, malgré la mise en culture des « terres vierges » du Kazakhstan, la rupture avec la Chine et son style imprévisible lui aliènent les dirigeants du parti : le 14 octobre 1964, il est démis de ses fonctions et remplacé par Léonid Brejnev.
Mis à la retraite et surveillé, Khrouchtchev dicte ses mémoires, publiés en Occident en 1970. Il meurt à Moscou le 11 septembre 1971, à soixante-dix-sept ans, et il est enterré au cimetière de Novodiévitchi, et non au pied du Kremlin. Sa tombe, œuvre du sculpteur Ernst Neïzvestny, associe blocs blancs et noirs, image d'un héritage contrasté : celui d'un homme qui a mis fin à la terreur de masse sans renoncer au système qui l'avait produite.