Indépendance des États-Unis
En résumé
L'indépendance des États-Unis est l'aboutissement du conflit qui oppose la Grande-Bretagne à treize de ses colonies d'Amérique du Nord. Après la guerre de Sept Ans, Londres impose aux colons de nouvelles taxes, qu'ils refusent au nom du principe « pas d'impôt sans représentation ». La Boston Tea Party (1773) et les lois punitives qui la suivent mènent aux premiers combats, à Lexington et Concord, en avril 1775. Le 4 juillet 1776, le Congrès continental adopte la Déclaration d'indépendance. La victoire de Saratoga (1777), qui décide la France à s'engager aux côtés des insurgés, puis la capitulation britannique de Yorktown (1781) donnent l'avantage aux Américains : par le traité de Paris du 3 septembre 1783, la Grande-Bretagne reconnaît l'indépendance des États-Unis.
Ce qu'il faut savoir
Victorieuse de la France dans la guerre de Sept Ans (1756-1763), la Grande-Bretagne sort du conflit lourdement endettée. Pour faire participer ses colonies d'Amérique du Nord au coût de leur défense, le Parlement de Londres multiplie les taxes : loi sur le sucre (1764), loi sur le timbre (1765), droits Townshend (1767). Les colons, qui n'élisent aucun député à Westminster, les rejettent au nom du principe « pas d'impôt sans représentation ». Boycotts et émeutes se succèdent ; le 5 mars 1770, des soldats britanniques tuent cinq habitants lors du « massacre de Boston ».
En 1773, le Tea Act permet à la Compagnie britannique des Indes orientales de vendre directement son thé en Amérique, au détriment des marchands coloniaux. Le 16 décembre, des colons déguisés en Amérindiens jettent dans le port de Boston 342 caisses de thé : c'est la Boston Tea Party. Londres réplique en 1774 par des lois punitives, que les colons appellent les « lois intolérables » : fermeture du port de Boston et mise sous tutelle du Massachusetts. En septembre 1774, douze colonies envoient des délégués à Philadelphie au premier Congrès continental, qui organise le boycott des marchandises britanniques.
Le 19 avril 1775, à Lexington et Concord, près de Boston, les premiers coups de feu entre miliciens et soldats britanniques ouvrent la guerre. Le deuxième Congrès continental confie en juin le commandement de l'Armée continentale à George Washington. Le 4 juillet 1776, il adopte la Déclaration d'indépendance, rédigée pour l'essentiel par Thomas Jefferson, qui affirme que « tous les hommes sont créés égaux » et dotés de droits inaliénables, parmi lesquels « la vie, la liberté et la recherche du bonheur ».
Les débuts sont difficiles pour les insurgés, chassés de New York dès 1776. Le tournant survient le 17 octobre 1777 à Saratoga, où le général britannique John Burgoyne capitule avec son armée. Convaincue que les Américains peuvent l'emporter, la France signe avec eux un traité d'alliance le 6 février 1778 ; l'Espagne entre à son tour en guerre contre la Grande-Bretagne en 1779, aux côtés de la France. Le 19 octobre 1781, assiégé à Yorktown, en Virginie, par les troupes de Washington et de Rochambeau, et privé de secours par la flotte de l'amiral de Grasse, le général Cornwallis capitule avec plus de 7 000 hommes.
Le traité de Paris, signé le 3 septembre 1783, reconnaît l'indépendance des États-Unis, dont le territoire s'étend jusqu'au Mississippi. La jeune république, d'abord régie par les articles de la Confédération, se dote en 1787 d'une Constitution fédérale toujours en vigueur. Première colonie européenne à conquérir son indépendance, elle inspire les révolutionnaires français et les indépendances d'Amérique latine ; elle maintient toutefois l'esclavage et ne reconnaît aucun droit aux Amérindiens. Pour la France, le coût de la guerre aggrave la crise financière qui mène à la Révolution de 1789.
Sources
- Encyclopædia Britannica, article « American Revolution »
- Gordon S. Wood, The American Revolution: A History, Modern Library, 2002
- Bernard Cottret, La Révolution américaine : la quête du bonheur, 1763-1787, Perrin, 2003
- National Archives (États-Unis), texte de la Déclaration d'indépendance
Événements clés
Pour protester contre le Tea Act, des colons déguisés en Amérindiens jettent dans le port de Boston 342 caisses de thé de la Compagnie des Indes orientales. Londres réplique en 1774 par des lois punitives, les « lois intolérables ».
Les premiers affrontements entre miliciens du Massachusetts et soldats britanniques ouvrent la guerre d'indépendance. En juin, le Congrès continental confie à George Washington le commandement de l'Armée continentale.
Le 4 juillet 1776, les treize colonies américaines proclament leur indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, fondant les États-Unis d'Amérique.
Encerclé, le général britannique John Burgoyne capitule à Saratoga avec son armée. Cette victoire américaine décide la France à entrer en guerre aux côtés des insurgés.
La France reconnaît l'indépendance des États-Unis et signe avec eux un traité d'amitié et de commerce ainsi qu'un traité d'alliance militaire. L'Espagne entre à son tour en guerre contre la Grande-Bretagne en 1779.
Assiégé par les troupes de Washington et de Rochambeau, et privé de secours par la flotte de l'amiral de Grasse, le général Cornwallis capitule à Yorktown, en Virginie, avec plus de 7 000 hommes : c'est la dernière grande bataille de la guerre.
La Grande-Bretagne reconnaît l'indépendance des États-Unis, dont le territoire s'étend jusqu'au Mississippi. Le même jour, à Versailles, elle signe la paix avec la France et l'Espagne.