Ludwig van Beethoven
Points clés
- Enfant prodige à Bonn : premier concert public à 7 ans, premières compositions publiées à 12 ans
- Testament de Heiligenstadt (1802) : lettre de désespoir face à la surdité naissante, moment de bascule créatif
- Symphonie n° 3 'Héroïque' (1804) : dédiée initialement à Napoléon, puis la dédicace effacée par déception
- Symphonie n° 5 (1808) : l'incipit de quatre notes est l'un des thèmes musicaux les plus reconnus au monde
- Compose sa Symphonie n° 9 'Ode à la Joie' totalement sourd en 1824 — ne peut entendre les applaudissements
- Pionnier du romantisme musical : pont entre le classicisme (Haydn, Mozart) et la musique moderne
- L'Hymne à la Joie (4e mouvement de la 9e symphonie) est depuis 1985 l'hymne officiel de l'Union européenne
Biographie
Ludwig van Beethoven naît en décembre 1770 à Bonn, dans l'électorat de Cologne (aujourd'hui Allemagne). Fils et petit-fils de musiciens, il reçoit une formation exigeante de son père Johann, qui espère faire de lui un nouveau Mozart. Pianiste virtuose dès l'enfance, il donne son premier concert public à sept ans et publie ses premières compositions à douze. Son génie singulier le distingue pourtant rapidement de tous ses contemporains : là où Mozart charmait, Beethoven bouleverse.
En 1792, il s'installe définitivement à Vienne, alors capitale musicale de l'Europe, sur les conseils de Joseph Haydn, qui devient brièvement son maître. Beethoven assimile les formes classiques — sonate, symphonie, concerto, quatuor — avant de les dépasser et de les transformer de l'intérieur. Sa personnalité fougueuse et indépendante le distingue des musiciens de cour qui l'ont précédé : il est l'un des premiers compositeurs à vivre de son art sans être attaché à un seul patron. L'aristocratie viennoise, qui reconnaît son génie, lui verse des rentes plutôt que de l'employer comme serviteur.
À partir de 1798, Beethoven commence à perdre l'ouïe. Ce drame intérieur culmine en 1802 avec le testament de Heiligenstadt, lettre déchirante adressée à ses frères dans laquelle il exprime son désespoir face à la surdité qui l'isole du monde. Pourtant, loin de le briser, cette épreuve semble paradoxalement libérer son génie créateur. Sa période dite "héroïque" (1803-1812) produit ses oeuvres les plus audacieuses : la Symphonie n°3 "Héroïque" (dédiée puis dédicacée à Napoléon), la Symphonie n°5 avec son motif de quatre notes mondialement célèbre, la Symphonie n°6 "Pastorale", la Sonate "Clair de lune" et le Concerto pour piano n°5 "L'Empereur".
Totalement sourd depuis 1818, Beethoven continue de composer en s'appuyant sur sa mémoire auditive intérieure et sur les vibrations qu'il perçoit en posant la main sur le piano. En 1824, la création de sa Symphonie n°9 "Ode à la Joie" — dont le dernier mouvement est chanté en choeur — stupéfie un public viennois qui l'acclame debout tandis que le compositeur, tournant le dos à la salle, ne peut entendre les applaudissements. C'est l'un des moments les plus émouvants de toute l'histoire de la musique.
Beethoven meurt le 26 mars 1827 à Vienne, à cinquante-six ans. Son cortège funèbre rassemble vingt mille personnes. Il est l'artiste charnière entre le classicisme et le romantisme, celui qui a ouvert les portes de la musique moderne. L'Hymne à la Joie, extrait de sa 9e symphonie, est aujourd'hui l'hymne officiel de l'Union européenne.