Roi de France
de 1574 à 1589
Quatrième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, frère cadet de deux rois (François II et Charles IX), Henri III est né à Fontainebleau en 1551. Désigné roi de Pologne en 1573, il revient en France à la mort de son frère Charles IX en 1574 pour y être couronné.
En 1575, il épouse Louise de Lorraine-Vaudémont, fille de Nicolas de Lorraine, duc de Mercoeur, et de Marguerite d'Egmont. Henri III, accordant la liberté de culte aux protestants dans de nombreuses villes, soulève l'opposition des catholiques menée par son cousin le duc de Guise. Menacé par la Ligue catholique, Henri III reprend son combat contre les protestants : la paix de Bergerac (1577) et l'Edit de Poitiers suppriment les avantages obtenus précédemment par les protestants. Par le traité de Nemours de 1585, Henri III s'engage à empêcher Henri de Navarre, qui mène la septième guerre de religion, de prendre sa succession. A la bataille de Coutras, Henri de Navarre bat les troupes catholiques emmenées par le duc de Joyeuse.
Début mai 1588, le duc de Guise entre à Paris, ville qui lui est favorable, malgré l'interdiction prononcée par Henri III. Par crainte d'une prise de pouvoir de la part des ultra-catholiques, Henri III envoie des Gardes-Françaises et des Suisses dans Paris, ce qui entraîne une insurrection : le 12 mai 1588 est connue sous le nom de la journée des barricades. Le 13 mai, Henri III quitte Paris.
Il réunit à Blois les Etats généraux pour obtenir de nouveaux crédits à allouer à la guerre. Le 23 décembre 1588, il décide l'exécution de son cousin le duc de Guise, chef de l'extrême droite catholique qui ne cachait pas son intention de renverser par la force l'autorité monarchique. Cet événement provoque le soulèvement d'une grande partie des villes de France contre son autorité. Afin de rétablir cette dernière, il s'allie avec Henri de Navarre.
En 1589, il siège à Paris en compagnie de Henri de Navarre. C'est par le moine Clément, partisan de Ligue qui lui avait demandé audience, qu'Henri III, assis sur sa chaise-percée, reçoit la dague en plein ventre. Avant de mourir, il fait d'Henri de Navarre son successeur légitime qui règnera effectivement sous le nom d'Henri IV.
Henri III, dont le règne est marqué par la violence incompatible avec la modération de son caractère, a tenté de rétablir l'apaisement entre catholiques et protestants selon la ligne d'action du chancelier de sa mère Michel de l'Hospital et l'autorité de l'armée royale contre les coalitions des partis religieux. Pierre de l'Estoile dira de lui : "Ce roi étoit un bon prince, s'il eût rencontré un meilleur siècle".
